Alors que la loi sur la fin de vie a été votée en douce au cœur de l'été, l'émotionnel sature l'espace médiatique. Il est temps de poser une analyse purement factuelle, statistique et clinique de ce qu’est réellement la fin de vie en France. Derrière les discours humanistes se cachent des réalités chiffrées et des logiques managériales que personne ne veut regarder en face. L'entonnoir statistique : l'urgence sociétale est fabriquée Sur 680 000 décès annuels en France, 380 000 personnes auraient besoin de soins palliatifs. Seules 150 000 y ont accès. Parmi elles, 10 % expriment une demande initiale de mourir (souvent sous le coup de la panique ou d'une douleur aiguë). Mais dès que le soin palliatif est mis en place et la douleur soulagée, 97 % à 99 % d'entre elles retirent leur demande. Au final, les demandes fermes et persistantes ne concernent que 150 à 450 personnes par an. Pour régler administrativement ces quelques centaines de cas, l'État bouleverse l'éthique médicale au lieu de financer les lits de soins palliatifs manquants. De la gestion des flux en 2020 à la rationalisation des retraites, ce glissement vers une gestion comptable des corps n'est pas une fiction : il a déjà été testé à grande échelle lors du premier confinement en 2020 (décret Rivotril, explosion des ventes de sédatifs de +227 %, surmortalité synchrone et localisée en Ehpad). Avec la nouvelle loi, le risque est l'industrialisation de ce processus. Les grands fonds de pension font face au « risque de longévité » : les baby-boomers vivent plus longtemps que prévu, creusant les déficits des caisses par capitalisation. Or, ces mêmes fonds sont les actionnaires majoritaires de l'industrie pharmaceutique et des géants de la dépendance privée. La boucle est bouclée : les entités qui ont un intérêt financier direct au décès rapide des aînés sont celles qui gèrent désormais leur « aide à mourir ».
Lire l'analyse factuelle complète de Pierre Chaillot : open.substack.com/pub/pierredecoderleco
Sur un autre registre, l'intervention marquante de Philippe Juvin, député mais aussi médecin, ex-chef des urgences de l'Hôpital Pompidou
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